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Ce blog se propose de faire découvrir quelques films (principalement muets)
moins connus de l'âge d'or du cinéma, à ce jour plus de 800 films ...
Premier message le 09.06.2010 :
Lazybones


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mercredi 26 avril 2017

The Little Princess - Marshall Neilan - 1917



Lorsque son père, le capitaine Richard Crewe, lui annonce qu'elle va quitter les Indes, Sara pleure à chaudes larmes.
A Londres son père l'emmène au pensionnat des soeurs Minchin où toutes les petites filles pensent que Sara est une princesse car le bruit court que son père est actionnaire d'une mine de diamants.
Les adieux sont déchirants, Sara reste brave et décide de faire face tandis que son daddy chéri quitte la Grande-Bretagne pour retourner aux Colonies.

Petit à petit Sara se fait des amies, jamais elle n'est à court d'histoires et son bon coeur la pousse à prendre sous son aile la petite bonne à tout faire, Becky.

Le jour de ses 10 ans, les soeurs Minchin organisent une grande fête, Sara est heureuse mais deux hommes demandent à voir la directrice. Ils lui annoncent alors que le Capitaine Crewe est mort ruiné. Dès lors les soeurs changent de visages et traitent la petite fille comme une souillon ....



Un conte de fée, avec l'ambiance sombre des boarding schools de l'époque. On imagine sans peine l’hypocrisie des deux femmes qui traitent les gens selon leur fortune. Telle Pollyanna, Sara voit le bon côté des choses et son imagination lui permet de vivre sans trop se tourmenter. Elle imagine ainsi que les poupées bougent lorsque Becky et elle ne sont pas dans leur mansarde. 


Le seul défaut de ce film est la narration au milieu de la nuit du conte persan Ali Baba et les 40 voleurs
 L'histoire contée dure trop longtemps à mes yeux mais permet de voir la jolie Mary en princesse des mille et une nuits !

Les films avec Mary Pickford sont toujours très agréables à regarder. Sa candeur et sa gentillesse sont remarquables et il n'y a rien de mièvre dans ses attitudes. La scène de la séparation entre son papa interprété par Norman Kerry et Sara est particulièrement touchante.
Mention spéciale pour Zasu Pitts dont c'est l'un des premiers films et qui apporte énormément au film dans le rôle de Becky. Son visage est magnifique et ses gestes timides sont très parlants. Ici un article qui rend hommage à sa beauté très particulière.


D'après un roman de Frances Hodgson Burnett (l'auteure entre autre du Petit Lord Fauntleroy et du Jardin secret), adaptation Frances Marion

Près de 20 ans plus tard, en 1939, une version de ce film sera tourné avec Shirley Temple.

62 minutes




Mary Pickford ...
Sara Crewe
Norman Kerry ...
Capt. Richard Crewe
Katherine Griffith ...
Miss Minchin
Anne Schaefer ...
Amelia Minchin (as Ann Schaefer)
Zasu Pitts ...
Becky
W.E. Lawrence ...
Ali-Baba (as William E. Lawrence)
Theodore Roberts ...
Cassim
Gertrude Short ...
Ermigarde
Gustav von Seyffertitz ...
Mr. Carrisford
Loretta Blake ...
Lavinia
George A. McDaniel ...
Ram Dass (as George McDaniel)

mercredi 19 avril 2017

The Tiger's Coat - Roy Clements - 1920



Un différend sépare Andrew Hyde et Alexander MacAllister qui se détestent. Après que Hyde ait quitté la maison, une jeune femme se présente à la porte de MacAllilster et lui fait parvenir une lettre écrite par l'un de ses vieux amis, Ogilvie, dans laquelle il dit à sa fille de se réfugier chez son ami MacAllister s'il venait à disparaitre.
Mac est heureux d'héberger Jean Ogilvie qui tente bien de lui dire quelque chose le soir de son arrivée. Plus tard, Mac conscient des qu’en-dira-t-on, confie sa protégée à un couple, les Mendall dont le mari est un artiste peintre. Celui-ci semble se souvenir d'avoir peint le portrait d'une jeune Mexicaine ressemblant à Jean à Tijuana. Il n'est d'ailleurs pas le seul à trouver la peau de la jeune fille plus sombre que celle d'une écossaise pure souche mais le soleil du Mexique semble donner une explication rationnelle à son teint bronzé.

Petit à petit, Mac et Jean tombent amoureux l'un de l'autre et Mac annonce leurs fiançailles. Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des  mondes si Hyde n'avait pas envoyé son homme de loi enquêter à Tijuana. Au Mexique celui-ci apprend que Jean Ogilvie est décédée depuis de nombreux mois.

A son retour l'enquêteur se rend directement auprès de Hyde auquel il confie la nouvelle et bien sûr celui-ci est heureux de casser le bonheur de son rival ...


Un film de conte de fées, la petite servante étrangère se verra aimée pour ce qu'elle est malgré la barrière interraciale de l'époque. Le film est mieux que le laisse croire la note de 4,9 sur IMDB.
Roy Clements n'est pas un de ces réalisateurs très connus de l'âge d'or du cinéma, pourtant il a tourné plus d'une centaine de films pendant la période du muet.

La vie de Tina Modotti est digne d'un roman : ouvrière dès 14 ans, mannequin, actrice (elle tournera 3 films dont celui-ci), mais surtout photographe et militante révolutionnaire et communiste, elle a connu Neruda et Frida Kahlo. 

Frère d'une célèbre contralto, Clara Butt, Lawson Butt verra sa carrière cinématographique prendre fin avec la venue du son.

On trouve ce film édité par Zweitausendeins, musique de Jasper van't Hof, copyright 2005.


60 minutes



Lawson Butt ...
Alexander MacAllistter (as W. Lawson Butt)
Tina Modotti ...
Jean Ogilvie / Maria de la Guarda
Myrtle Stedman ...
Mrs. Carl Mendall
Miles McCarthy ...
Andrew Hyde (as Myles McCarthy)
Frank Weed ...
Frederick Bagsby
J. Jiquel Lanoe ...
Carl Mendall (as Jiquel Lanoe)
Nola Luxford ...
Clare Bagsby


mercredi 12 avril 2017

Scherben (Le Rail) - Lupu Pick - 1921



Jour un, le long d'une voie ferrée, en hiver. Un employé veille sur la ligne et vit dans une petite maison isolée avec sa femme et sa fille.

Un jour alors que le trio est en train de manger sa soupe, le télégraphe se met à cliqueter et un message apprend au père qu'un inspecteur va leur rendre visite et qu'il est prié de l'héberger.

le soir du 2e jour, l'inspecteur descend du train et se rend dans la petite maison. le matin du 3e jour l'homme hautain croise la fille de la maison qui nettoie les escaliers.
Le soir du 3e jour l'homme viole la jeune fille. La mère se doute de quelque chose et tente d'enfoncer la porte de la chambre à coups de hache. Lorsqu'elle voit sa fille, elle comprend ce qu'il vient de se passer et sort dans la nuit. Après avoir erré quelque temps elle arrive à un petit autel dédié à la vierge Marie sous lequel elle tombe inanimée et finit par tomber dans l'oubli d'un sommeil létal.

Le père revient à la maison après avoir inspecté des kilomètres de voies et se couche sans se douter du drame qui s'est passé sous son toit. 

Le lendemain le père trouve le corps de sa femme et le ramène à la maison. Comme au ralenti, les protagonistes se meuvent choqués par les événements qui se succèdent. Dans l'incapacité d'expliquer quoi que ce soit, la fille s'enfuit.
L'inspecteur revient sans se douter de rien. Il est confronté au père et au corps de sa femme et referme la porte de la pièce où ils se trouvent.
le soir du 4e jour, tandis que son père emmène le corps de sa mère à la chapelle d'un petit village éloigné, la jeune fille implore son agresseur indifférent à sa prière et froid à son insistance désespérée de l'emmener avec lui. La pauvre fille comprend alors qu'elle ne représente absolument rien aux yeux de cet homme insensible.

Le matin du 5e jour la fille va trouver son père dévasté devant le lit vide sa femme et lui avoue tout. Au comble de la fureur l'homme se rend alors dans la chambre de l'inspecteur et l'étrangle de ses propres mains, tandis que sa fille vit la mort de son agresseur par procuration avant de quitter la maison.

Plus tard, le père fait des signaux au train qui s'arrête. Aux conducteurs qui s'approchent il déclare être un assassin ... et le cours de la vie des voyageurs ne s'interrompt pas ...



Drame en 5 actes qui portent sur 5 jours.

Dramatique et sombre, ce film vous plonge dans la descente aux enfers d'une famille standard sans histoire provoqué par le viol sans scrupule de la fille par l'inspecteur .

La caméra est statique et les expressions très appuyées, l'action est lente et ne fait pas de concession. Il y a très peu d'intertitres, mais cela ne poste pas de problème pour suivre l'histoire.

On peut traduire "Scherben" par éclats, ou débris, le titre anglais est donc tout à fait dans le ton. Le titre français par contre évite soigneusement toute allusion à un "dégât" de quelconque sorte.

 Edith Posca, la fille, était la femme du réalisateur roumain Lupu Pick.

Scénario de Carl Mayer et de  Lupu Pick
 
60 minutes

 

Werner Krauss ...
Bahnwärter
Edith Posca ...
Tochter des Bahnwärters
Hermine Straßmann-Witt ...
Frau des Bahnwärters
Paul Otto ...
Bahninspektor


mercredi 5 avril 2017

Bucking Broadway - John (Jack) Ford - 1917



Dans un ranch du Wyoming, Harry dit Cheyenne Harry est un simple cowhand amoureux de la fille du boss, Helen Clayton. Pour lui montrer son amour il grave un coeur en bois et le donne à sa belle en précisant que si un jour elle a besoin de lui, il lui suffira de le lui renvoyer et il accourra aussitôt.

Plus tard Harry annonce une surprise à la demoiselle et l'emmène à cheval au clair de lune. Tous deux s'arrêtent dans une cabane qu'Harry à construite de ses propres mains et où il demande Helen en mariage. Celle-ci accepte et tous deux vont trouver le père qui, bien qu'il sache que sa fille devra le quitter, donne son accord aux tourtereaux.

Un homme de l'Est, Thornton, envoyé par un riche acheteur de chevaux, arrive alors au volant de sa grosse voiture. Il courtise Helen qui s'éloigne peu à peu de Cheyenne qui ne comprend pas le changement d'attitude de la belle.

Le jour des fiançailles des deux amoureux, Clayton découvre un mot laissé par sa fille lui annonçant son départ pour la ville en compagnie de Thornton. Clayton et Bill sont complétement abattus ...



Super western retrouvé il y a quelques années en France et visible aux archives françaises du film.

Les images sont d'une grande netteté, on y trouve de l'action, des sentiments, de beaux paysages qui semblent intouchés et une magnifique bagarre finale. On s'amuse à regarder Harry choisir un complet dans le magasin local, à découvrir ses copains descendant un avenue de New York à cheval, de voir les contrastes entre le Wyoming et ses cowboys et New York et ses habitants sophistiqués. 

Introduit par son grand frère Francis, John Ford entrera à la firme Universal pour laquelle il tournera 23 films avec Harry Carey dans le rôle de Cheyenne Harry. Ces films feront le succès de Carey et lanceront la carrière de John Ford.

Excellent cavalier, William Steele a tourné pour Ford dans 10 films.
Molly Malone n'a tourné que dans des films muets, on la retrouve dans un autre film de Ford datant de la même année "Straight Shooting".



Titre français : À l'assaut du boulevard

54 minutes



Harry Carey ...
Cheyenne Harry
Molly Malone ...
Helen Clayton
L.M. Wells ...
Ben Clayton
Vester Pegg ...
Eugene Thornton
William Steele ...
Buck Hoover (as William Gettinger)


mercredi 29 mars 2017

Secret of a Soul - Georg Wilhelm Pabst - 1926



En Allemagne, Martin Fellman se rase devant sa fenêtre à l'aide d'un coupe-chou, de son côté sa femme se coiffe. Lorsque sa femme l'appelle, Martin se rend auprès d'elle et rase quelques cheveux sur sa nuque mais ce faisant il la coupe légèrement.
Le couple entend un appel au secours et aperçoit la voisine qui crie à la fenêtre. Plus tard des badauds s’attroupent devant la maison d'en face et le journal du soir leur apprend que quelqu'un y a été assassiné, avec un rasoir précise une dame.

Une lettre du cousin Hans leur annonce son arrivée prochaine. En attendant il leur envoie une statue de divinité maternelle de Sumatra et un sabre.
le soir Martin et sa femme se séparent sur le pallier et l'homme lit un livre tandis que la femme semble l'attendre près de son lit.

Durant la nuit tempétueuse Martin fait un cauchemar : 
 Il sort sur la terrasse de sa maison et aperçoit son cousin Hans perché dans un arbre. Son casque colonial brille comme la lune. Tout à coup un fusil à bouchon apparait entre ses mains et son cousin lui tire dessus. Pris de panique Martin s'envole mais la balle l'atteint et il retombe lourdement sur le sol. Après avoir été retenu par la barrière d'un train dans lequel se trouve son cousin, Martin se dirige ensuite vers une statue grandeur nature qui porte le visage de sa femme. Courant droit devant lui il voit des maisons qui poussent comme des champignons. Au centre de la ville ainsi créée se trouve maintenant une tour, pour accéder à son sommet il suffit de suivre un escalier extérieur en colimaçon. Les cloches se mettent à sonner, celle du centre porte le visage de  sa femme qui se moque de son mari qui grimpe alors les marches de l'escalier en courant. Au sommet de la tour les cloches ne sonnent plus et il n'y a personne. Tout en bas des visages se moquent de lui. De loin il aperçoit l'ombre d'un homme qui assassine sa femme et il frappe de sa canne une barrière qui borde la maison. Ce faisant la barrière s'élève et il se retrouve alors derrière les barreaux d'une cellule de prison. Sous un roulement de tambours, sa femme montre la cicatrice faite par le rasoir et des doigts le condamnent. Un train arrive alors à grande vitesse. Tout à coup sa collaboratrice au laboratoire lui désigne une petite fenêtre à barreaux. Martin empile des revues pour regarder par la fenêtre et découvre une barque flottant au milieu des nénuphars d'un étang à l'eau sombre. Dans la barque se trouvent sa femme et son cousin Hans. De l'eau sa femme retire une poupée de la taille d'un bébé qu'elle donne à Hans. Le couple a l'air merveilleusement bien et lui sourit en lui faisant très gentiment des signes de la  main avant de disparaitre. Fou de jalousie Martin se saisit du sabre avant de transpercer sa femme de plusieurs coups violemment assénés.
Il se réveille alors en hurlant complétement paniqué et sa femme accourt à son chevet.
Le lendemain matin Martin tente de se raser mais la simple vue du coupe-chou l'indispose. Il se rend alors chez le barbier dont il observe tous les gestes. Arrivé à son laboratoire, il salue son assistante et prend son courrier mais la vue du coupe-papier le stresse.

Pendant ce temps le cousin Hans débarque à la maison à la grande joie de sa cousine. Tous deux s'amusent à regarder des photographies sur lesquelles ils apparaissent enfants lorsque le mari revient. Le petit groupe passe à table mais Martin ne supporte pas la vue des couteaux et quitte la salle à manger pour aller boire un verre dans un bistrot. En partant il oublie sa clé qu'un homme lui apporte alors qu'il se retrouve devant le portail de sa maison. L'homme lui tend la clé en lui demandant "s'il y a une raison qui le fait rechigner à retourner chez lui" avant de s'excuser en lui expliquant que c'est une déformation professionnelle.
A la maison sa femme le rejoint et tente de le prendre dans ses bras mais Martin fixe le sabre qu'il est sur le point de saisir pour égorger son épouse avant de repartir à nouveau.

Le lendemain sa femme et le cousin vont au poste de police car ils sont très inquiets de la disparition de Martin qui s'est réfugié chez sa mère et à laquelle il avoue tout. Celle-ci lui conseille de consulter quelqu'un et le pauvre homme se rend au café pour apprendre que l'homme qui lui a remis la clé s'appelle le Dr Orth et qu'il habite de l'autre côté de la rue. Le docteur lui conseille de faire une psycho analyse pour soigner ses pulsions meurtrières. Pendant ce temps le cousin quitte la maison et s'installe à l’hôtel...



Spoiler :
J'aurais plutôt appelé ce film les dérives d'une âme. En effet l'obsession du mari pour les couteaux semblent être déclenchée par le crime du voisin car jusqu'alors la vie du couple semblait normale. Son comportement est dans le fonds plus proche d'une personne ayant des troubles obsessionnels, la raison qui l'a fait basculer dans cet état est dans le fond bien égale.
Mais bon, je ne suis pas psychanalyste et j'avoue que ce film m'a menée en bateau car le debriefing final est finalement tout simple alors que j'avais plein de soupçons sur les penchants sexuels du monsieur en question, voire sur ceux du cousin, ou alors j'aurais même plutôt opté pour son impuissance vu l'obsession sur les bébés et les symboles (lune, poupée, statue maternité, ...) car visiblement le couple ne pouvait pas avoir d'enfants. Cette idée est suggérée dès le début alors que le couple descend l'escalier et retrouve une chienne et ses petits que la femme semble regarder avec nostalgie (L'homme de son côté est hostile à la chienne). L'idée est consolidée avec la scène du laboratoire où une femme se présente avec une petite fille que Martin regarde avec insistance en lui présentant une boite de bonbons et par l'idole exotique et maternelle.

Puis le couple fait chambre à part et on en déduit que l'homme ressent un malaise face à sa femme qui semble plus jeune et qui est très belle. Pense-t-il qu'il est impuissant, se sent-il trop vieux ? Du coup difficile de le dire, le spectateur en est réduit à l'interprétation des images. En conséquence on se perd en conjonctures, le rêve tendrait à montrer que l'homme en veut à sa femme de ne pas avoir d'enfant, ou de se savoir impuissant, toutefois il est attiré par elle...Son esprit se perd dans cette dualité, amour pour sa femme et impossibilité d'avoir un enfant. Il fantasme de la voir avec un autre homme, le cousin, qui lui semble pouvoir lui donner un bébé dans le rêve (mais finalement il ne supporte pas ses propres fantasmes consciemment, il en a honte lorsqu'il en parle au psychanalyste).

Les schémas sociaux étant ce qu'ils sont ou/et étaient, le couple se  devait d'avoir un bébé. La pression sociale est lourde de sens (les regards de l'assistante et de la femme à la petite fille en disent long à ce sujet). Bref, je me suis fait avoir par les images mais je ne me suis pas ennuyée une seconde !

Film expressionniste aux images innovantes et maitrisées. Les rêves sont très soignés, le noir et blanc et les jeux de lumière intensifient encore le jeu dramatique.

Des collègues de Freud, Hanns Sachs and Karl Abraham, ont été abordés par le producteur Hans Neumann et ont accepté de servir de conseillers malgré les objections de Freud.

Erreur ? Il est étonnant que cet homme soit montré si vieux car il devrait avoir à peu près le même âge que le cousin et sa femme puisque la photo les montre ensemble plus ou moins au même âge.


Erreur d'étiquette ? Il y a trois couteaux sur la table, dans les règles de l'art on prend toujours le couteau (à l'extérieur) le plus à droite à mesure que les plats défilent. Or en l’occurrence du poulet est servi. Il parait bien étrange qu'il reste trois couteaux au stade de ce plat que je considère comme principal (en tout cas pas comme première entrée !).

Titre français : Les Mystères d'une âme
Titre original : Geheimnisse einer Seele


75 minutes



Werner Krauss ...
Martin Fellman
Ruth Weyher ...
Seine frau
Ilka Grüning ...
Die mutter
Jack Trevor ...
Erich (= Hans dans le film)
Pavel Pavlov ...
Dr. Orth (as Pawel Pawloff)
Hertha von Walther ...
Fellmans Assistentin
Renate Brausewetter ...
Dienstmaedchen
Colin Ross ...
Kriminalkommissar



mercredi 22 mars 2017

Genuine - Robert Wiene - 1920



Un peintre s'endort. Aussitôt une femme sur un tableau s'anime et sort de son cadre. Genuine était autrefois une grande prêtresse avant d'être vaincue et enlevée pour être vendue au marché des esclaves.
Un petit bonhomme difforme l'achète bien que le vendeur lui raconte que Genuine est devenue cruelle. Le petit bonhomme l'enferme dans les profondeurs de sa maison où il lui crée un cocon, mais Genuine voudrait voir le monde.

Tous les jours à midi le coiffeur vient s'occuper du petit bonhomme mais les voisin soupçonnent qu'il se passe des choses étranges dans la maison et le coiffeur est convoqué auprès du juge. Comme il ne peut se présenter le lendemain à l'heure habituelle, il envoie son neveu Florian, un genre d'Apache parisien sophistiqué.
Ce jour là justement Genuine trouve moyen de monter à la surface et aperçoit le jeune coiffeur qui reste subjugué devant sa beauté. Le rasoir glisse sur le cou du petit bonhomme et lui tranche la gorge ...



Dans des décors surréalistes (un cadran d'horloge est la tête d'un squelette par exemple), c'est une histoire de désir et de fantasme.
Mélange de mante religieuse et d'araignée, Genuine tisse sa toile et s'empare de ses victimes qu'elle manipule avant le sacrifice ultime. Ce n'est donc pas un vampire au sens de Dracula, mais plutôt une femme fatale.

Tourné la même année que le Cabinet du Docteur Caligari par le même réalisateur, ce film est très lourdingue.

Vu la version raccourcie à 44 minutes ce qui m'a amplement suffi. La version originale est de 88 minutes.

Genuine: A Tale of a Vampire


44 minutes




Fern Andra ...
Genuine
Hans Heinrich von Twardowski ...
Florian
Ernst Gronau ...
Lord Melo
Harald Paulsen ...
Percy Melo
Albert Bennefeld ...
Curzon
John Gottowt ...
Guyard
Louis Brody ...
The Malay (as Lewis Brody)


mercredi 15 mars 2017

The Cowboy and the Flapper - Alan James (Alvin J. Neitz) - 1924




Le Marshall Dan Patterson accompagne un vieil ami qui lui vante la beauté de sa fille qui arrive par l'express. Dan attend impatiemment de la rencontrer mais à sa vue comprend qu'il a été berné !

Plus tard Dan arrive chez le colonel Paterson qui lui apprend que sa fille arrive enfin de l'est et qu'il va être ébloui. Après son expérience de la veille Dan préfère s’éclipser en prétendant avoir des bandits à poursuivre. Ce n'est qu'un demi mensonge car Il met la main sur Handsome Ed Burns, un pilleur de banque notoire.

Alors qu'il ramène son prisonnier en ville, le deputy sheriff Jack Harrison surgit et lui annonce que la bande de Carson vient de sévir et a pillé la banque. Aussitôt Dan lui remet son cheval et le prisonnier et se lance à la poursuite des voleurs en emportant seulement une lettre adressée à Handsome Ed. Non loin il aperçoit la bande qui fuit au grand galop et fait mine d'être lui-même poursuivi par le shérif et sa bande. Du coup Carson et sa bande le prennent pour Handsome Ed et l'emmènent avec eux.

Non loin de leur repère, les hommes découvrent un cheval attaché à un arbre et le désigne à Dan. Le jeune homme est un peu gêné de le dérober avant de découvrir une jeune femme complétement perdue qui se fâche en le voyant prendre sa monture.
Carson et ses hommes ricanent et décident d'embarquer et le cheval et la jeune fille qui pourrait sinon révéler le lieu de leur cachette.

Après avoir enfermé la demoiselle dans une pièce, Carson partage le butin tandis qu'un homme monte la garde à l'extérieur. Exclu du partage, Dan l'assomme et donne un revolver à la pauvre fille enfermée.
Plus tard, alors que les hommes cherchent le guetteur qui a disparu, Dan réussit à assommer Carson et à l'enfermer dans la pièce à la place de la demoiselle. Il ne lui reste plus qu'à éloigner trois autres hommes qu'il envoie au loin aider leur chef ...

Dorothy Revier


Petit western très cool qui vient de sortir chez Grapevine video, en Blue Ray ou en DVD. Par erreur j'ai commandé le BR qui présente une excellente image bien nette (mais striée comme souvent). L'histoire est amusante et le scénario à la fois simple et ingénieux. Bref, 51 minutes de bonheur pour moi grâce à l'authenticité des extérieurs et à la modestie des interprètes qui ne font pas de chichis.

William Fairbanks a une jolie prestance et fait preuve d'ingéniosité dans le rôle de Dan et Dorothy Revier est très expressive et pleine de ressources dans celui de la fille du colonel Allison.

En 1924 ils tourneront ensemble deux autres westerns Down by the Rio Grande et Border Women, réalisé par le même Alan James.

On se demande quand même pourquoi avoir donné ce titre au film ? Dorothy n'a rien d'une flapper et William n'est pas cowboy non plus ... 

Accompagnement musical à l'orgue par David Knudtson.



51 minutes




William Fairbanks ...
Dan Patterson
Dorothy Revier ...
Alice Allison
Jack Richardson ...
Red Carson
Milton Ross ...
Col. Allison
Morgan Davis ...
Deputy Jack Harrison
Andrew Waldron ...
Al Lyman
Fred Haynes ...
Handsome Ed Burns


mercredi 8 mars 2017

Leap Year - James Cruze - 1921



Un médecin se rend à Piper Hall, la résidence de Jeremiah Piper, un misogyne notoire que sa jambe fait souffrir et qui compte se rendre prochainement aux bains pour soulager ses douleurs.
Comme il se méfie de son neveu nommé Stanley, il commence par virer l'infirmière Phyllis avant d'envoyer son héritier à la pêche loin des femmes que Stanley va forcément courtiser durant son absence.
Justement Stanley a les bras chargés de roses qu'il souhaite offrir à son amoureuse Phyllis mais celle-ci est très déçue d'avoir appris qu'il s'amourache de toutes les femmes qu'il croise.
Plus tard, à Catalina, un endroit très prisé des femmes de tous âges, Stanley travaille son drive sur la pelouse sous le regard intéressé de nombreuses dames. 
Un vieux copain faisant partie de la "fraternité de l'ordre des hommes mariés fatigués", Scott Travis, fait son apparition avec son amie Loris Keene en l'absence de son épouse. Scott se fait appelé "daddy" et fait croire que la pauvre Loris est en vacances car elle travaille beaucoup trop.
Stanley entame sa partie de golf mais le troisième green est bloqué par Molly et Tommy, un jeune couple qui n'arrive pas à se mettre d'accord sur le score tandis que Stanley s'époumone pour faire dégager les lieux. Molly se méprend et croit que Stanley la demande en mariage provocant ainsi une course spectaculaire du pauvre garçon jusqu'au Clubhouse où son copain Scott lui demande de s'occuper de sa "fille" durant la visite de sa femme qui prend leur mariage très au sérieux. Un mystérieux bonhomme rôde dans les parages.

Sur un yacht amarré dans la baie, une jeune femme malheureusement célibataire, Irene Rutherford, scrute la plage à l'aide de ses jumelles lorsqu'elle aperçoit "Stannie" fuyant Loris qui vient de se déclarer abruptement. Invité à monter sur le yacht, Stanley replonge à l'eau aussitôt après qu'Irene se méprenne sur ses paroles ...



Sorti juste avant le fameux procès de Fatty accusé du viol de Virginia Rappe qui est décédée peu après, ce film n'a jamais passé en salles durant de longues années jusque dans les années 2000 à de rares exceptions près. Jugé 3 fois, Fatty a pourtant été acquitté mais le scandale a ruiné sa carrière.

A cette époque Fatty était une star très populaire, et ce malgré un physique ingrat. Très agile il était capable de sauter sur place et de courir avec une légèreté déconcertante ...

La jolie Mary Thurman a été découvert par  Mack Sennett qui l'a engagée dans sa troupe de bathing beauties. Sa carrière était bien lancée mais, après avoir contracté la malaria en tournant Down Upon the Suwanee River, elle mourut à l'âge de 30 ans d'une pneumonie en 1925. Dans ce film elle porte une coiffure à  la Louise Brooks qui lui va à ravir.

¨Le scénario est truffé de revirements et de quiproquos propres à faire rire les gens en ce temps là. L'humour un peu lourd est plutôt prévisible de nos jours.

Tu trembles, Fatty

60 minutes



Roscoe 'Fatty' Arbuckle ...
Stanley Piper (as Roscoe {Fatty} Arbuckle)
Lucien Littlefield ...
Jeremiah Piper
Mary Thurman ...
Nurse Phyllis Brown
John McKinnon ...
Mumford - the Valet
Clarence Geldart ...
Scott Travis
Harriet Hammond ...
Loris Keene
Allen Durnell ...
Tommy Blaine
Gertrude Short ...
Molly Morris
Winifred Greenwood ...
Mrs. Travis
Maude Wayne ...
Irene Rutherford


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