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Ce blog se propose de faire découvrir quelques films (principalement muets)
moins connus de l'âge d'or du cinéma, à ce jour plus de 850 films ...
Premier message le 09.06.2010 :
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mardi 17 avril 2012

Das Tagebuch einer Verlorene - Georg Wilhelm Pabst - 1929


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104 minutes
Journal d'une fille perdue
Diary of a lost Girl


Le jour de sa confirmation, alors tout de blanc vêtue et portant des fleurs dans ses cheveux Thymian (Brooks) assiste au renvoi d'une gouvernante enceinte de son père. L'assistant de son père, Meinert, lui promet de lui expliquer le soir même les raisons de ce départ si Thymian le rejoint à 22h30 dans la pharmacie. C'est la fête et Thymian reçoit de nombreux cadeaux, dont un journal qu'elle commence rapidement à remplir et dont elle ne se séparera plus et un médaillon du comte Nicolas Osdorff. Plus tard un corps est ramené et Thymian découvre avec horreur la jeune gouvernante de son père qui vient de se suicider. Très mal elle s'évanouit et se retrouve au lit avant de se souvenir du rendez-vous avec Meinert. Celui-ci profite du trouble de la jeune femme pour en abuser.
Une nouvelle gouvernante, Meta, semble beaucoup plaire à son père qui ne cache pas son attirance. Thymian se retrouve fille-mère car elle refuse de donner le nom du père et passe devant le conseil familial qui décide de lui enlever son bébé et de la placer dans une maison de redressement où elle est traitée, ainsi que ses camarades, très durement et de façon humiliante.
Un jour le comte Osdorff, lui-même chassé de sa famille par son oncle qui ne sait plus qu'en faire, se rend dans l'institution. Le soir même Thymian et l'une des autres jeunes filles, Erika, s'enfuient dans la rue pendant que les pensionnaires retiennent la matrone et son garde-chiourme auxquels elles ont dérobés les clés. Thymian découvre que son bébé est mort et se rend à l'adresse donnée par Erika qui n'est autre qu'une maison de passe. Elle retrouve Nicolas, passe une nuit avec un homme et ne comprend que le lendemain que ses services étaient monnayés. Elle tente un revirement de situation en publiant une annonce dans lequel elle indique donner des cours de danse mais la Puffmutter modifie le texte donnant ainsi l'impression qu'il ne s'agit pas que de danse ainsi Thymian retombe dans la routine et finit par se retrouver un soir face à son père et à Meta devenue sa femme ainsi que Meinert. Tous trois l'évitent soigneusement et un client les larmes aux yeux, le docteur Vitalis, lui explique qu'elle est désormais perdue, comme tous ceux qui les entourent. 
Trois ans plus tard, Thymian apprend la mort de son père et, après s'être mariée avec Nicolas et devenue comtesse, se rend chez le notaire pour la lecture du testament. Meinert compte racheter les parts d'hypothèque et lui tend 45'000 DM qu'elle remet à Meta, chassée par Meinert avec ses deux enfants. Nicolas l'attend plein d'espoir mais en entendant que Thymian revient sans un sou se jette par la fenêtre.
Désormais veuve et comtesse, Thymian fait la connaissance de l'oncle de Nicolas qui lui offre de la prendre sous son aile pour réparer ses torts envers son neveu. Thymian accepte et fait la connaissance de deux vieilles femmes qui l'entrainent à travailler pour leur groupe d'aide aux jeunes femmes en détresse. Thymian se retrouve donc entre les quatre murs où elle a tellement souffert ...



Cela faisait deux ans en tout cas que ce film attendait sur ma table. Curieusement je n'avais aucune envie de le voir jusqu'à ce jour.

Tous les hommes sont terribles : physiquement d'abord, sans cou pour le lubrique Meinert ou chauve pour le sadique et obséquieux maton, ou avec de l'embonpoint comme le docteur capable de verser une larme pour Thymian, ou ridicule avec une barbe démesurée pour l'amateur de danse auquel il semble manquer une case, ou faibles comme le père de Thymian ou Nicolas, ou âgé comme l'oncle. Pas un homme qui sorte du lot même l'homme qui passe la première nuit avec Thymian à son arrivée dans le maison de passe et qui la paie le lendemain, ou le notaire qui l'admire mais ... qui a certain âge. Ce n'est pas très flatteur pour le monde masculin et cela en devient excessivement mélodramatique ! Forcément, comment ne pas voir le contraste entre tous ces hommes et la superbe et innocente Louise Brooks ? Tout est construit autour d'elle et de sa grandeur d'esprit finalement : le notaire ne s'y trompe pas, lui qui lui fait un baise-main respectueux et qui fait un soufflet à l'affreux Meinert ...
Un film qui doit plaire aux hommes en fin de compte, car les spectateurs doivent se sentir meilleurs que les acteurs dépeints, non ?

Si les deux mondes se ressemblent finalement beaucoup, le monde de la maison close et le monde de la maison de redressement, on y vit différemment. Dans l'un on s'amuse beaucoup dans une franche camaraderie, dans l'autre on souffre d'isolement. Et que dire du monde familial où tous les membres sont cruels ou lâches, sous l'apparence bien comme il faut ?

Certaines scènes et certains personnages sont particulièrement terribles : la virginale Thymian découvrant la vie avec l'affreux Meinert, La maison de redressement et les scènes de repas rythmé ou la leçon de gymnastique avant le coucher par la folle devenue hystérique, l'immense garde-chiourme chauve est repoussant à souhait avec ses sourires mielleux et cruels ... La matrone limite exaltée dans la cruauté. La scène du suicide de Nicolas interpelle : comme si le fait de ne pas avoir de l'argent porteur d'espoir pour recommencer sa vie cassait tous les rêves. Les petits rêves non assouvis font souffrir.... les grands même non assouvis vous portent !

Le journal représente l'intimité. Cette intimité est violée plusieurs fois : physiquement avec le viol de Meinert alors que la jeune fille semble évanouie, au figuré lorsque la serrure du journal est ouvert d'un coup de couteau par les membres de la famille avides de découvrir qui est le père de l'enfant de Thymian. Particulièrement symbolique est la scène de la matrone qui tente de se saisir du journal et que toutes les jeunes filles se passent afin que la mauvaise femme ne puisse le toucher : le début de la rébellion et donc de l'estime de soi.


Un peu d'amour ne fait pas de mal. Avec un peu plus d'amour personne ne serait perdu sur terre, ainsi finit le film. On le dira encore souvent et jamais assez.



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