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Ce blog se propose de faire découvrir quelques films (principalement muets)
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dimanche 19 février 2012

Geschlecht in Fesseln - William Dieterle - 1928


William Dieterle ...
Franz Sommer (as Wilhelm Dieterle)
Gunnar Tolnæs ...
Fabrikant Rudolf Steinau
Mary Johnson ...
Helene - Sommers Frau
Paul Henckels ...
Helenes Vater - der Geheimrat
Hans Heinrich von Twardowski ...
Alfred
Gerd Briese ...
Der Staatsanwalt
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Der Abgeordnete
Carl Goetz ...
Strafgefangener #1 (as Karl Goetz)
Friedrich Kurth ...
Strafgefangener #2
Arthur Duarte ...
Strafgefangener 3

107 minutes
 Titre anglais : Sex in Chains
Titre français :  Sexes enchaînés

La crise économique, à Berlin. Franz Sommer (Dieterle) cherche du travail pendant que sa femme Helene (Johnson) fait tout ce qui est en son pouvoir pour garder les apparences d'un couple qui vit sans souci surtout auprès de son père. Franz finit par dégotter un job de démonstrateur d'aspirateurs en faisant du porte à porte, il est payé au lance pierre à la commission. Helene se résout à travailler le soir en vendant des cigarettes dans un café. Un soir un client l'importune et au cours de l'altercation Franz repousse le client qui s'assomme en tombant. Franz est emmené dans un centre de détention. Durant les quelques jours avant le jugement il fait la connaissance d'un autre détenu Steinau (Tolnæs) avec lequel il sympathise. Celui-ci est relâché et promet de s'occuper d'Helene à laquelle il propose du travail. Peut de temps après Franz est condamné à trois ans de prison car le client blessé est finalement décédé, il est transféré en prison et découvre ses codétenus et la cellule...



 Un film courageux qui traite du manque de relations - sexuelles principalement - durant la détention en général. Le sujet est bien traité avec énormément de délicatesse et des images très parlantes. Le scénario est tiré d'un livre écrit par Franz Höllering, un homme qui a vécu lui-même cette situation semble-t-il. Plusieurs choses interpellent : la première c'est que la cellule n'est pas aussi horrible qu'on aurait pu se l'imaginer. Une fenêtre peut s'ouvrir, des dessins au pochoir ornent les murs, les lits sont corrects et les prisonniers s'occupent à créer des animaux de bois. Certains prisonniers s'en sortent plutôt bien grâce à leur imagination, d'autre ne peuvent concevoir vivre sans les bras de leur aimée et pètent un câble.
Le film est particulièrement notable car il aborde la question de l'homosexualité par petites touches sensibles dès l'arrivée d'un prisonnier gay (mais qui n'a aucun des comportements caricaturés habituellement) ce qui va permettre à Franz d'ouvrir une porte en empêchant la frustration de le détruire. Franz trouve donc en Alfred une raison de vivre, ou au moins de survivre (une scène étonnante : pendant le prêche d'un pasteur du haut de sa chaire, les prisonniers écoutent plus ou moins, certains visiblement indifférents, d'autres intéressés, pendant qu'Alfred écrit leurs noms, Alfred et Franz entourés d'un trait de plume sur son livre de cantiques et lui le montre ...)
Pendant que Franz est emprisonné Helene travaille chez Steinau qui tombe amoureux d'elle mais jamais ne lui fait d'avances car il la respecte trop ainsi que Franz. Lorsqu'Helene désespérée par l'image de Franz qu'elle voit partout et qu'elle ne sait comment affronter un soir le retrouve, on comprend qu'elle et Steinau passent la nuit ensemble.
J'avoue avoir été surprise par la fin : j'imaginais qu'Helene et Franz restaient fidèles par respect et honneur et qu'une fois face à face et confrontés à eux-mêmes, ils auraient une chance de retrouver une nouvelle vie ou de reprendre leur ancienne vie. Or ce n'est pas le cas. Le réalisateur nous montre que ces voies ne sont pas prises en compte et préfère une solution drastique sans compromis.

Tous les acteurs sont excellents mais j'avoue avoir eu un faible pour Gunnar Tolnæs, un acteur norvégien qui se montre d'une grande sobriété avec un jeu d'une grande finesse.

J'ai trouvé ce film touchant par certains côtés, par ailleurs il est parfois trop esthétique (soigné ou travaillé ?)  ce qui le rend presque un peu artificiel (sans que cela ne nuise vraiment au fond abordé). Le final ne laisse aucun doute sur le drame que vivent tous les protagonistes car personne ne sort indemne : Steinau reste malheureux après avoir pensé recommencer une nouvelle vie avec Helene, Alfred se retrouve seul et triste, Franz et Helene se suicident au gaz ...
Ce film n'a donc rien d'un film gay car le message final démontre qu'on ne peut vivre isolés loin de ceux qu'on aime (égale l'appartenance) surtout si l'on est un jeune couple tel celui qui nous est présenté. D'autre part le suicide final indique plutôt une auto condamnation commune aux deux protagonistes qui ne peuvent vivre en sachant qu'ils ont dévié d'une course qu'ils croyaient tous deux pouvoir poursuivre en décidant de vivre en commun. Il y a donc aussi une notion de manque d'adaptation, bien sûr liée au temps et à l'époque où toute déviance était fortement condamnée par l'opinion publique. Donc on peut on conclure qu'il s'agit principalement un film militant les droits humains. 

On trouve ce film chez Kino, magnifiquement rendu, comme toujours !

 Gunnar Tolnæs

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