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Ce blog se propose de faire découvrir quelques films (principalement muets)
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mercredi 24 juin 2015

Hævnens Nat - Benjamin Christensen - 1916


Dans le gros de l'hiver au cours d'une nuit glaciale, un homme fuit en emportant dans ses bras un bébé emmitouflé.
Ses pas l'emmènent auprès des Lindens (les Tilleuls), une maison de campagne habitée par le Dr West. Ce soir-là le Docteur reçoit quelques amis ainsi que sa nièce Ann. Dans le journal, un article rapporte l'évasion d'un criminel ayant perpétré un crime atroce, un certain Strong John, l'homme fort mais simple d'esprit d'un cirque qui aurait emporté son fils dans sa fuite.
Seule Ann exprime de la compassion pour le fugitif qui n'est autre que l'homme rôdant autour de la villa. Celui-ci réussit à s'introduire à l'intérieur et à se cacher dans le grenier. Voyant son bébé mal en point il descend doucement dans les pièces du bas et pénètre dans une chambre. Dans un petit coffre tombé à terre il découvre une lettre d'un certain Richard adressée à une femme nommée Ann qui laisse à penser que celle-ci aime beaucoup les enfants. 
Plus tard alors que la maison semble endormie, John redescend et tente de s'introduire dans la chambre de ladite Ann mais la jeune femme craignant le rôdeur dont parle le journal en a barricadé la porte. John sort alors à l'extérieur et rentre par la fenêtre tandis que la pauvre Ann essaie de quitter la pièce.
Le pauvre homme jure sur l'honneur ne pas être coupable du crime odieux qu'on lui attribue et se montre suppliant si bien qu'Ann décide de l'aider à se procurer du lait pour le bébé. Malheureusement son oncle ne dort pas et comprend de suite, en voyant le biberon dans les mains de la jeune femme, que l'homme recherché par la police se trouve dans la maison. 
Il persuade sa nièce de retourner dans la chambre où elle remet le biberon à John qui, terriblement touché par sa confiance, se montre empli de reconnaissance. Il déchante vite en sortant de la pièce lorsqu'il se retrouve saucissonné par les hommes qui l'entourent et le menacent avec des revolvers. Avant d'être emmené il promet de revenir et de passer une corde au cou de la pauvre fille.

14 ans plus tard, John est libéré de prison. C'est maintenant un homme prématurément vieilli qui a de la peine à se déplacer. Il a été partiellement blanchi du crime car de nouveaux éléments sont apparus durant l'enquête. John sort de la prison et se rend dans un magasin de jouet où il souhaite acheter un présent pour son fils. Comme il n'a aucune idée de son âge il achète un ours en peluche.
Arrivé à l'orphelinat, on lui apprend que son fils a été adopté. Malheureusement avec l'accord de la commission d'adoption, le couple ayant emporté son fils est resté anonyme.
Désespéré, John erre sans but en ville lorsqu'il se heurte à un vieux copain de prison avec lequel il a travaillé à l'atelier de menuiserie. Cet homme est associé avec Slim Sam Morton, un voleur connu des fichiers de la police. John est accepté au sein de la bande.
Peu de temps après, Slim Sam dont l'une des activités les plus lucratives est de dérober des chiens pour les revendre, voit une petite annonce postée par Richard, devenu depuis le mari de Ann. Il indique rechercher un chien de garde qu'il souhaite offrir à sa femme qui craint toujours la vengeance de l'homme arrêté 14 ans plus tôt.

Pendant ce temps un certain Wilken, un dresseur d'éléphants oeuvrant au cirque où travaillait John, apprend par les journaux sa libération liée à de nouvelles pistes concernant le meurtre. Dès lors son angoisse l'emmène de bar en bar dans l'espoir d'oublier qu'il est le vrai coupable du crime qui a mis John derrière les barreaux et lui a enlevé son fils.
Slim apporte l'un de ses nombreux chiens à Richard. Pendant que le brave homme va chercher de quoi le payer, Slim a le temps de parcourir une lettre trainant sur un petit bureau dans laquelle il lit que la maison de la ville va être fermée bientôt car Richard va rejoindre sa femme aux Lindens.  Du coup la bande décide de la piller dès son départ.
Les hommes entassent des chandeliers et divers bibelots dans une charrette gardée par John. Dans le butin, le simple d'esprit découvre le petit coffre de Ann qui lui rappelle immédiatement les événements ayant conduits à son arrestation. Sa mémoire revenue, le pauvre homme se souvient aussitôt qu'il avait promis de passer une corde autour du cou de la jeune femme ...



Un film sombre réalisé et écrit par un homme talentueux et inventif, Benjamin Christensen, qui joue aussi le rôle du simple d'esprit. On le voit travailler en compagnie de Karen Caspersen sur une maquette de la maison des Lindens durant les première minutes du film.

Force est de constater que ce film est développé autour de sentiments humains simples; bien cernées, les motivations des personnages sont limpides. Au final on a l'impression que les protagonistes principaux suivent une voie dictée par un concours de circonstances qui va diriger les destins et les comportements sans aucune alternative possible. Il est d'ailleurs impossible de faire abstraction de ces éléments extérieurs tant ils ont de prise sur les personnages. A leur manière, Ann et John démontrent de l'empathie, de l'amour et de la confiance en leurs prochains. Malheureusement ces qualités n'appellent pas forcément les mêmes conséquences. Ainsi si l'innocence de l'une rapporte l'amour d'un mari aimant, l'innocence de l'autre le mènera à sa perte.

Quelques scènes sont bien tristes. Celle qui voit John passer dans la rue en tenant l'ours en peluche suivit par les regards d'une multitude d'enfants de l'orphelinat, où celle qui voit une petite fille le prendre par la main avant que la nourrice le chasse comme un malpropre. Les scènes de tristesse alternent avec les scènes de bonheur des deux parents qui s'occupent de leur petite fille et de leur fils adoptif avec amour, de même les scènes de froid et de neige au début alternent-elle avec la chaleur de l'intérieur de la maison.

Par ailleurs, on suit avec plaisir ce film truffé de détails intéressants datant de cette époque, comme le fait de devoir appuyer sur le ressort pour pouvoir parler dans le téléphone (chose que visiblement John ignore, la dame du central téléphonique n'entend pas son interlocuteur et lui indique la façon de procéder).

Le suspens final est stupéfiant. Dick et son fils se montrent plus qu'ingénieux pour s'évader, la scène est fascinante, très recherchée et visuellement époustouflante !

Bien que plutôt sombre, le film possède une immense richesse de détails (ainsi John découvrira-t-il la chambre de Ann après qu'un valet ait tenté d'y embrasser une soubrette). Il nous emmène aussi au cirque où l'on verra des crocodiles et un numéro très poétique des frères Wong. Les mouvements de caméras sont permanents et jamais statiques. J'aimerais voir encore beaucoup de film de et avec M. Christensen !

Edition Filmmuseum

titres américains :
Blind Justice et/ou Night Revenge

100 minutes

Benjamin Christensen ...
Strong Henry / Strong John Sikes (US version) (as Benjmain Christie)
Karen Caspersen ...
Ann (as Karen Sandberg)
Peter Fjelstrup ...
Dr. Richard West (US version) (?)
Charles Wilken ...
Prof. Wilken, elephant trainer (US version) (?)








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