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Ce blog se propose de faire découvrir quelques films (principalement muets)
moins connus de l'âge d'or du cinéma, à ce jour plus de 850 films ...
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mardi 28 février 2012

Mare Nostrum - Rex Ingram - 1926



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102 minutes
d'après un roman de Vicente Blasco Ibáñez

A Barcelone un vieux marin au long cours instruit son neveu Ulysse qui rêve devant le tableau d'Amphitrite qui trône dans le salon. Le petit garçon est fasciné par les histoires de son oncle qui aime tant la mer et en particulier la Méditerranée - Mare Nostrum - et qui souhaite qu'à son tour il devienne marin comme tous les hommes de la famille avant lui. Il lui raconte avoir vu de ses propres yeux la déesse Amphitrite sur un char tiré par trois chevaux blancs (en réalité si je ne m'abuse elle est entourée de tritons ou de dauphins ?).
Devenu adulte, maintenant marié et père d'un petit Esteban, Ulysse (Moreno) est capitaine sur son propre cargo, le Mare Nostrum. Les affaires ne vont pas très fort et il reçoit un jour une lettre de sa femme qui lui adjure de revenir à terre et de renoncer à son bateau pour le bien de leur fils. Bien décidé à plaire à sa femme Dona Cinta, une femme que ses parents lui ont choisi et qui se montre assez froide, Ulysse revient à terre mais la guerre est déclarée et il reprend la mer. 
A Naples il décide un jour d'aller visiter Pompei et rencontre la Frau Doktor Fedelmann (Pâquerette) accompagnée de son assistante Freya Talberg (Terry). Ulysse est fasciné par cette femme jusqu'à ce qu'il réalise qu'il a devant lui Amphitrite, la femme du portrait de son enfance. Il tombe fou amoureux et perd la tête, prêt à tout pour rester auprès de Freya. Le Dr Fedelmann l'introduit auprès du Comte Kaledine (Mailly) un allemand pur souche qui utilise les talents de marin d'Ulysse pour ravitailler un sous-marin allemand en Méditerranée. Ulysse semble être dans un état second et découvre à son retour à Naples que les deux femmes sont parties. La concierge lui annonce que son fils, prévenu par deux hommes d'équipage, est venu tous les jours à sa recherche et qu'il s'en est retourné à Barcelone. Triste Ulysse prend un bateau pour Marseille afin de rejoindre le Mare Nostrum. En chemin il apprend que le paquebot Californian en route pour Barcelone avec des civils à son bord a été coulé par un sous-marin et que son fils est mort dès l'impact de la première torpille. Complétement abattu devant sa propre responsabilité, il échoue à Marseille où il reste prostré de longs jours jusqu'à ce qu'une mystérieuse lettre lancée par la fenêtre lui demande de se rendre au 50 rue de la Paix ...



Mis à part quelques libertés romanesques avec la réalité ce film qui parait moderne encore de nos jours est très beau à regarder.
De Barcelone on voyage tout d'abord à Naples et à Pompéi (où Ulysse suit les conseils d'un dépliant touristique pour se rendre à la rue Lupanares interdite au femmes où il va rencontrer les deux allemandes), à Paestum puis à Marseille. Le Dr Fedelmann est une femme inquiétante et volumineuse qui est attifée comme un homme déguisé en femme. Les allemands sont dépeints comme des gens cruels, le comte et le commandant du sous-marin en particulier dont les rictus sont particulièrement diaboliques. Aucun ne trouve grâce à part Freya qui a un rôle ambigu à la Mata Hari assez peu convaincant à mes yeux. En effet il semblait au début qu'elle montrait peu d'intérêt envers Ulysse pour tout à coup se réveiller alors qu'il part en mission ravitailler le sous-marin sous son impulsion. Et Ulysse lui-même semblait montrer de l'affection à sa femme qui ne semblait pas lui la rendre. (J'ai toujours un peu de la peine avec les gens qui montrent ceci mais font cela. C'est humain, soit, mais au cinéma je trouve que cela ajoute de la confusion. Le fait de développer de la complexité est perturbant).

Bien sûr il y a toujours un prix à payer, le capitaine par la mort de son fils après avoir déserté sa famille et surtout avoir servi l'ennemi (bien qu'il se considérait comme neutre en tant qu'espagnol) et Freya au poteau d’exécution en France pour trahison. Personne ne semble s'intéresser au sort de la mère d'Esteban qui souffre en silence devant la Vierge Marie, c'est tout ce que nous saurons au sujet de cette très belle et pieuse femme restée fidèle (et que l'on voit filer la laine telle une Pénélope attendant son Ulysse) apparemment jusqu’à sa mort. Le personnage de cette femme est assez peu clair dans le fond. Elle semble au départ froide, puis heureuse de savoir qu'Ulysse va rester à terre, puis l'attend, puis se montre contrariée lorsqu'elle apprend qu'il est avec une autre femme, puis c'est la douleur d'une mère qui perd son enfant unique.

Antonio Moreno se sort plutôt bien de la difficile mission d'incarner un homme somme toute assez faible qui fait face à ses responsabilités un peu tardivement grâce à une épreuve particulièrement cruelle. Il se montre sensuel et sensible, cette vulnérabilité est touchante, puis se montre combattif et déterminé. Alice Terry est fort jolie à regarder, mais au-delà de la cosmétique elle se montre plutôt artificielle et un peu distante. Dans la scène finale elle ne démontre pas vraiment de noblesse (contrairement à ce qu'on aimerait nous faire croire), mais plutôt un manque d'expressivité. (C'est peut-être son meilleur rôle, dixit de nombreux commentaires lus sur le net). Une très bonne scène de course poursuite d'un espion à Marseille par la foule pimente un peu le film qui s'enlise lentement.

Finalement les vedettes de ce film ce sont la mer, les lieux de tournage et le destin. La scène finale est magnifique de poésie et de lyrisme. Elle vaut à elle seule le détour par ce film qui prend tout à coup de l'amplitude grâce à cette image d'Ulysse qui sombre au fond de la mer tout doucement avant de rejoindre les bras de Freya qui l'attend, telle Amphitrite. Le film atteint là une dimension supérieure.




Scène perdue ...






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