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Ce blog se propose de faire découvrir quelques films (principalement muets)
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jeudi 18 juillet 2013

The Rustle of Silk - Herbert Brenon - 1923


Betty Compson ...
Lala De Breeze
Conway Tearle ...
Arthur Fallaray
Cyril Chadwick ...
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Anna Q. Nilsson ...
Lady Feo
Leo White ...
Emil
Charles A. Stevenson ...
Henry De Breeze
Tempe Pigott ...
Mrs. De Breeze
Fred Esmelton ...
Blythe
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Girl (as Dawn O'Day)

70 minutes

Titre français : Le cruel sacrifice

D'après le roman du même nom de Cosmo Hamilton

Il s'agit du livre et non du film réputé perdu à ce jour ! The film is supposed to be lost so I'm talking about the book!

Il est quand même un peu frustrant de ne pas pouvoir visionner un film réputé disparu. Pourtant il suffit d'un peu d'imagination pour créer votre propre film à partir d'une histoire connue. Prenez par exemple The Rustle of Silk tourné en 1923. Il est impossible de le voir à ce jour pourtant on peut lire le livre et se faire une idée du film grâce à quelques photos disséminées dans les pages.
Après le roman-photo pour lecteurs fatigués de l'année passée, cet été je fais mon propre cinéma et je passe aux livres dont je vais faire un petit résumé illustré par quelques photos tirées de l'ouvrage.

Pour cela j'ai choisi un film avec Conway Tearle, un visage que j'ai vu récemment dans plusieurs films. L’héroïne de cette histoire est Betty Compson un autre faciès que j'ai bien en tête.

*************

L'histoire se passe en Grande Bretagne à Londres à la fin de la première guerre mondiale. Fallaray est un membre éminent du Parlement et la tension internationale est évoquée.



Lola (Compson) est une belle jeune fille amoureuse d'un homme réputé dont la vie est dédiée à la politique car sa vie de couple est un fiasco complet. Sa tante Miss Breezy a la chance d'être gouvernante de la maison de son idole et Lola la prie donc de lui obtenir un job pour ainsi lui permettre de parfaire son éducation. Sa tante refuse mais Lola a plus d'un tour dans son sac et rend visite à sa tante alors en service. Il se trouve que Lady Feo ("laid(e)" en espagnol, la pauvre, l'auteur aurait pu lui trouver un prénom un peu plus féminin et surtout moins affreux !) la femme de Fallaray fait irruption dans la pièce et tombe sous le charme de cette jeune fille parfaite. Elle engage donc Lola contre l'avis de sa tante et ses amies sont ravies de cette nouvelle dame de compagnie discrète, belle comme le jour, bien élevée et talentueuse.

Le personnel de la maison l’apprécie évidemment aussi beaucoup, à commencer par Simpkins, un garçon qui rêve de créer un foyer avec une telle femme et qui l'invite régulièrement à voir des spectacles en ville. 

Apercevant le regard admiratif de Lola un jour Feo lui offre l'une de ses robes qui ne correspond pas à ses attentes et Lola l'apporte pour quelques retouches à sa couturière non moins talentueuse et discrète, Madame Rumbold.
Il se trouve que Lola apprend que Fallaray dine ce soir au Savoy avec sa mère et sa tante. Ni une ni deux elle se vêt de la précieuse robe qui lui va bien sûr à ravir et qui lui donne un air très distingué (et un peu français, comme son ancêtre célèbre, Madame de Brézé). Au Savoy elle se retrouve bien empruntée, en effet une jeune fille ne se montre pas en public sans un chaperon. Heureusement Peter Chalfont un ancien militaire très chevaleresque comprend son désarroi et lui offre son soutien. Lola s'arrange pour que leur table soit tout près de celle de Fallaray. Leurs regards se croisent avec intensité. Elle demande à Peter de la présenter et les deux manigancent pour se retrouver au vestiaire au moment où Fallaray est sur le point de quitter le restaurant. Fallaray tombe sous le charme de cette jeune fille qui a l'air sincèrement éprise de lui à tel point qu'à son retour Feo ne manque pas d'apercevoir une lueur nouvelle dans les yeux de son mari (épousé pour son tennis extraordinaire, on croit rêver !)

Quant à Lola, sous le charme de cette rencontre qui l'a bouleversée, elle fait la connaissance de Lady Cheyne, une veuve excentrique et très fortunée, vague connaissance de Peter. Telle Cendrillon Lola rentre discrètement sans prévenir quiconque de son départ chez Madame Rumbold (laquelle lui a fourni une cape empruntée à une autre cliente) pour se change avant de retourner à son poste de travail. En sortant elle rencontre un autre de ses admirateurs qu'elle entortille facilement malgré que celui-ci trouve très louche (un garçon sensé !) d'apercevoir Lola seule à une heure aussi indue vêtue d'une robe de soirée grandiose.

Simpkins est invité chez les parents de Lola qui l’apprécient beaucoup. Il fait sa demande en mariage mais Lola lui explique qu'elle aime un autre homme. Le pauvre Simpky est très dépité, ainsi que la mère de Lola qui apprécie énormément ce jeune homme honnête et sérieux mais légèrement exalté.

Plus tard Lola rencontre à nouveau Chalfont en uniforme (il est général). Très amoureux d'elle il l'a reconduit et elle lui promet alors de le retrouver au Carlton à 19h30 dans le but de revoir Fallaray. Comme c'est une brave fille elle retrouve Treadwell (le garçon sensé !) avec lequel elle se propose de passer l'après midi mais un télégramme lui parvient. Lady Feo (on apprend que son vrai nom est Feodorowna ?) de retour de la campagne compte bien la retrouver à 17h30 pour l'aider à s'habiller. Feo lui confie alors qu'elle va retrouver l'un de ses vieux amis qu'elle n'a pas revu depuis 5 ans depuis le début de la guerre.
Sa tante Breezy soupçonneuse lui fait part en la questionnant de son inquiétude que les journaux relatent qu'une certaine Madame de Brézé a été aperçue en compagnie de Peter Chalfont qui la recherche activement après sa disparition soudaine.
Lola a juste le temps de se vêtir en femme du monde et retrouve Peter. Malheureusement le couple rencontre justement Feo et un vieux camarade d'armée Ellingham, le vieil ami en question. Feo très bonne joueuse trouve plutôt amusant que Lola la traite en égale.
Le couple réussit à s'échapper et Peter se déclare. A nouveau Lola décline l'offre de mariage et explique qu'elle est amoureuse d'un homme qui ne le sait même pas. En larmes, Lola retourne à Dover Street et croise Fallaray qui croit rêver et pense qu'il s'agit d'une invitée de sa femme qui se serait égarée dans la maison. Désemparé devant ses larmes il lui désigne une porte avant de disparaitre dans ses quartiers après une dure journée (et un chapitre qui nous apprend qu'il est intègre, pur et honnête, qu'il a renoncé à sa voiture en ces temps de crise et qu'il serait prêt à se passer de sa maison si sa femme n'y tenait pas autant).


De son côté sa femme Feo emmène son vieil ami Ellingham qu'elle trouve vieilli et ennuyeux alors qu'elle attendait tellement de cette rencontre. De son côté Elligham pense qu'il n'a plus rien à dire à cette femme qu'il avait tant aimé quelques années auparavant. Il la quitte donc en lui disant Adieu.

Toujours est-il que Lola n'a toujours pas rencontré Fallaray. L'idée lui vient de le retrouver à Chilton où il passe quelques jours. Pour l'y retrouver Lola a l'idée d'appeler Lady Cheyne qui y possède une maison qu'elle remplit d'artistes venus d'Europe. Il suffit de l’appâter en lui demandant son aide et lui donner rendez-vous chez Madame Rumbold le lendemain en lui expliquant qu'elle a besoin d'un endroit isolé où elle pourrait rencontrer l'amour de sa vie le plus discrètement possible. Par chance Feo qui éprouve une certaine sympathie pour la jeune aventurière lui fournit tout ce dont elle a besoin pour se donner un aspect de femme du monde.

Un soir que Fallaray songe dans son jardin il croit rêver lorsqu'il aperçoit une statue argentée se mettre en mouvement. Il s'agit bien sûr de Lola qui telle une apparition remonte une allée. Fallaray qui n'a bien sûr pas pu oublier les deux yeux largement écartés de la belle jeune fille est sous le charme. Tous deux passent la nuit tels de vieux amis à discuter sur un banc.
De son côté Feo rencontre un Pucca et en tombe amoureuse. Le Major Clive Arrowsmith est fortuné mais ne peut s'imaginer au bras d'une telle femme qu'il finit par laisser tomber en prétextant le réveil d'une veille blessure. Nouvelle déception pour Feo.
Quant à Treadwell il se rend à Dover Street car l'un de ses poèmes a été publié et il tient à l'annoncer à Lola. Or il se trouve que contrairement à toute attente, on lui annonce que Lola est en vacances. Simpkins commence par se montrer récalcitrant à parler mais finalement les deux hommes amoureux de la même femmes décident de protéger Lola malgré elle.
De leur côté nos deux amoureux se revoient donc le lendemain et sont heureux, comme il se doit bien sûr. Mais une ombre ne tarde pas à assombrir le bonheur des tourtereaux en la personne de Lytham, le jeune et fidèle bras droit de Fallaray qui vient chercher le leader de leur parti car le vent tourne et lui seul peut sortir le pays du marasme dans lequel il se trouve. Il trouve un jeune homme à la place de du Fallaray qu'il côtoyait depuis si longtemps et celui-ci refuse d’endosser le rôle pour lequel tout le monde le connait. Il a enfin trouvé l'amour et compte bien avoir un vrai foyer. Lytham comprend qu'une femme se cache derrière ce mystère et finit par la découvrir. Justement Lola comprend que Fallaray se détourne de la politique et ne peut l'accepter. Lorsque Lytham la rencontre elle l'assure donc de faire de son mieux pour le convaincre de retourner œuvrer pour son pays.
De son côté Feo comprend qu'elle n'est qu'un faire valoir pour bon nombre de personnes et son aventure avec Arrowsmith la blesse profondément. Du coup elle se réinvente une vie auprès de son mari mais lorsque celui-ci revient c'est pour lui demander le divorce. Feo, très bonne joueuse lui l'accorde, se rendant bien compte, et avec regret finalement, que l'homme qu'elle a épousé lui échappe. Alors que Fallaray prépare les papiers nécessaires à la séparation, Lytham et Lola demandent une audience. Visiblement Lola a pleuré et Feo, éberluée a de la peine à croire que sa soubrette est la femme aimée de son mari. Doutant du grand sacrifice de Lola, Feo fait venir Edmund (c'est le prénom de Fallaray dans le livre) qui se montre surpris de trouver tout ce petit monde dans les appartements de sa future ex-femme. Il assure aimer Lola mais celle-ci refuse de l'épouser, ne voulant pas épouser un homme qui déserte son devoir, sachant qu'il ne serait pas heureux dans ces conditions. Fallaray comprend que cette femme l'aime plus que tout et lui dit l'attendre dans l'au-delà, leur amour devenant ainsi immortel. Lola finit par rejoindre Treadwell, un poète dont elle deviendra la muse. Fin.

Pour être franche l'histoire est terriblement mièvre et tient du roman de gare pour jeunes filles esseulées. Lola, une jeune fille plus que parfaite que tout le monde apprécie énormément et dont tous les jeunes gens sont amoureux mène son monde en bateau. Dans le fond elle n'hésite pas à jouer de son charme pour arriver à ses fins. Le pire c'est que personne ne semble lui en tenir rigueur ... Un genre de Cendrillon très manipulatrice ... J'ose imaginer que le réalisateur aura embelli ce côté un peu machiavélique ou intriguant !

Il faut plus de 250 pages du livre pour que les deux protagonistes principaux se rencontrent enfin. L'auteur garde le suspens et traine en longueur. La rencontre sera très brève et le devoir finira par triompher car à cette époque le devoir passait avant tout bien sûr. On ne peut s'empêcher de penser que ce livre est dans le fond une expression du fantasme pur. Lola construit son amour autour de l'idée de Fallaray. Leur amour est pur soit, mais on se demande quand même bien ce qu'ils auraient pu vivre ensemble par la suite.
Les faire-valoirs masculins, Simpkins et Chalfont disparaissent purement et simplement vers la fin, de même que Lady Cheyne.
On éprouve une certaine sympathie pour Feo, elle-même leurrée par ses rêves éveillés, qui comprend avoir épousé un homme passionnant un peu trop tard. Le personnage reste toutefois résolument moderne et très fairplay, du début à la fin.

Le parti de Edmund Fallaray et de Lytham est le parti "anti-waste", le parti anti-gaspillage !

Le Rustle of Silk, "le bruissement de la soie" ou plus joliment traduit "le murmure de la soie" fait allusion à la présence féminine qui manque tant à Fallaray (d'après Lola, bien sûr).

J'ai mis les illustrations dans l'ordre dans lequel elles apparaissent dans le livre. Par rapport au roman il est difficile d'identifier ces scènes qui ne correspondent pas au texte. A la vue des images, on se rend compte toutefois que le film semble très romantique.

Ci-dessous on peut voir l'affiche "Le cruel sacrifice" sur le vieux cinéma Oriental ouvert en 1922 à Vevey, Suisse, là même où vécu Charlie Chaplin quelques années plus tard.


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