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Ce blog se propose de faire découvrir quelques films (principalement muets)
moins connus de l'âge d'or du cinéma, à ce jour plus de 850 films ...
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samedi 19 octobre 2013

Moonrise - Frank Borzage - 1948




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Le fils du pendu
D'après un roman écrit par Theodore Strauss

90 minutes

Daniel Hawkins n'est qu'un bébé lorsque son père est pendu pour avoir tué un homme. Toute sa jeunesse il subit les tracasseries et la cruauté des autres enfants qui ne manquent pas de lui rappeler qu'il est le fils d'un pendu ce qui provoque de violentes bagarres. Devenu adulte Danny est fermé et mal dans sa peau.
Un soir, non loin du bal champêtre où dansent leurs connaissances, il se retrouve face à face avec l'un de ses anciens camarades de classe, Jerry Sykes, le fils du banquier et l'un de ses plus virulents persécuteurs depuis toujours. Jerry sort avec Gilly Johnson, l'institutrice, et interdit à Danny de danser avec elle. Comme la tension monte, les deux jeunes gens en viennent aux mains. Après un échange de coups qui laissent Danny douloureusement pantelant, Jerry l'agresse en lui demandant si son père a eu le temps de lui décrire ses sensations au bout de la corde et Dan voit rouge. De victime il devient agresseur et se rue sur Jerry qu'il met Ko d'un coup de point mais Jerry se relève et se saisit d'une pierre qu'il assène sur le cou de Dan. Celui-ci devenu furieux et incapable de se contrôler s'empare de la pierre et frappe violemment à la tête Jerry qui succombe à ses coups.
Bien qu'il s'agisse de légitime défense Danny cache le corps dans les marais et retourne au bal où il prend la défense de Billy, un jeune sourd et muet un peu simplet qui lui aussi subit les moqueries des autres jeunes gens. Plus tard Danny danse avec Gilly qu'il embrasse de force. Gilly lui annonce avoir accepté la proposition de mariage de Jerry qui a disparu. Plus tard Dan provoque un accident en ramenant un couple d'amis et Gilly en voiture, malgré les mises en garde des jeunes gens inquiets de le voir rouler si vite. Il s'en tire sans une égratignure et revoit Gilly qui finit par succomber aux rudes avances du jeune homme.
La ville est en émoi car Jerry a disparu. Son père fait venir un détective et le shérif est lui aussi sur l'affaire. Le comportement de Dan devient de plus en plus étrange, mal à l'aise il se réfugie auprès de Mose, un homme de couleur qui élève des chiens dans les marais. 
Peu de temps après le corps de Jerry est découvert, ainsi que le canif que Jerry a égaré alors qu'il trainait le corps ...



L'histoire est extrêmement simple, pourtant elle nous est contée de manière très complexe tout en étant très explicite. Les images explorent le subconscient, ainsi voit-on les jambes des hommes qui accompagnent celles d'un homme mené à l'échafaud, la pendaison est suggérée et on bascule dans une chambre d'enfant dans laquelle un bébé pleure, une ombre de pendu se reflètant sur son lit. L'allusion est claire même s'il ne s'agit que de l'ombre d'une poupée !

Les décors sont plantés : la ville, le marais, la foire, la maison où se réfugie Dan. Les images sont très parlantes et le jeu des images noir et blanc magnifiquement orchestré. Les détails sont extrêmement stylisés et soignés et les symboles précis. Ainsi Jerry est-il vêtu de blanc et Danny de noir, symbole de son exclusion de la bonne société de la petite communauté. Le marais est bien sûr l'image du marasme dans lequel se trouve le pauvre garçon, et en ce sens tout le film se passe de nuit.
Les traumatismes de son enfance enferment Danny dans une espèce de fatalité fortuite. On finit par devenir Danny que l'on comprend partiellement; Mais il semble tellement torturé qu'il devient pour le spectateur presque douloureux à suivre, comme il semble l'être pour ses interlocuteurs dans le film.
Terriblement handicapé par son passé (mais dans le fond c'est l'image de ce père pendu qui le hante) il met mal à l'aise Gilly qu'il aime de façon brusque. A tel point que celle-ci tortille son mouchoir entre ses doigts dans une scène que l'on découvre en gros plan pendant quelques secondes de façon très appuyée.

Danny explore la part d'ombre qui l'habite de façon obsessionnelle. Il ne voit aucune issue. A s'obstiner à vouloir fuir son passé il accélère comme un fou au volant de la voiture, secoue un racoon dans un arbre comme s'il s'agissait de lui-même. Comme le raton laveur il porte un masque aussi.
Pourtant il apparait presque heureux lorsqu'il tient ou regarde avec une certaine tendresse les chiots de Mose. Traqué par la meute il se montre violent avec Daisybelle, la chienne qu'il aime pourtant peu de temps auparavant. De même il manque étrangler Billy le sourd muet qu'il protège pour récupérer son canif. On comprend donc qu'il est capable d'aimer et de détruire de la même manière et bien sûr qu'il en est encore au stade de l'enfance !

C'est un film un peu lent qui sort des sentiers battus. On sent la formidable confiance de Borzage en l'être humain et l'humanité tout court. Les protagonistes évoluant autour du jeune homme torturé, que ce soit Mose ou le shérif, portent à Danny une certaine tendresse et démontrent une grande compréhension. Lui seul se torture et s'enfonce dans ses angoisses alors que les autres le poussent à se rendre afin qu'enfin il puisse renaitre à la vie ... Le spectateur lui-même devient tendu tant l'acteur Dane Clark est lui-même crispé et au bord de la rupture. Borzage réussit le tour de force de nous faire comprendre que ce garçon a besoin d'aide. C'est donc aussi un film intéressant à voir de nos jours puisque les journaux ne manquent pas de nous abreuver d'histoires de ce genre, provoquant au passage une espèce de vindicte populaire sans aucune notion de la personne, de ses actes et du contexte. On est actuellement bien loin de l'humanité démontrée dans ce film et c'est très inquiétant.

Un élément reste toutefois inexpliqué, en effet comment expliquer le changement radical de Gilly qui vient d'accepter la demande en mariage de Jack et qui tourne casaque si facilement ? Le film est donc pour moi davantage lié à un parcours personnel initiatique et non à un film d'amour qui passe dès lors au second plan. Dan est en quête de lumière, ou plutôt se débat dans la nuit (à noter que le titre est très explicite en ce sens). Il va donc renaître et se trouver de nouveaux parents en les personnes du shérif, de Mose et de Gilly. Ceux-ci vont petit à petit le conduire à se rendre et à retrouver son vrai visage comme le dit si bien Gilly.

Et quand même un regret : A la fin de de la scène se passant à la foire, alors que Dan est étendu au sol et que le spectateur devient Dan, le visage des badauds et de Gilly au dessus de lui. J'aurais aimé avoir une petite transition avant de retrouver le jeune homme étendu dans le marais. Il m'a fallu un moment pour passer d'une scène à l'autre.


Pour des raisons budgétaires, Dane Clark est engagé alors qu'il est encore peu connu pour remplacer John Garfield initialement sensé être réalisé par William Wellman. Après des méandres financières compliquées le projet échoit à la Républic qui le confie à Frank Borzage.

Ethel Barrymore apparait dans les dernières minutes du film.


Je suis contente de publier mon 600e message avec un film de Borzage puisque c'est un peu grâce - ou à cause - de lui que j'ai posté mon premier message dans ce blog il y a 3 ans,  Lazybones !




1 commentaire:

Jicarilla Tony a dit…

Bravo pour tes 600 messages!....continue
Ton film me donne envie de rechercher le roman s'il existe en français évidemment...
Dane et Gail un très beau couple énigmatique je trouve .....

So long amica

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