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Ce blog se propose de faire découvrir quelques films (principalement muets)
moins connus de l'âge d'or du cinéma, à ce jour plus de 850 films ...
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mercredi 16 septembre 2015

Feu Mathias Pascal - Marcel L'Herbier - 1926




A Miragno une veuve ruinée est sur le point de perdre sa propriété, en effet Madame Pascal est contrainte de la vendre à Batta Maldagna, un homme d'affaire futé et malhonnête. Alors qu'elle est sur le point de signer l'acte, Madame Pascal envoie la tante Scholastique s'assurer que son fils Mathias, un doux rêveur qui médite sur la liberté, ignore tout de la transaction. Lorsque Mathias découvre que sa mère et sa tante Scholastique ont vendu la propriété, il est malheureusement déjà trop tard.
Un vieil ami de Mathias, Pomino (dit Mino), vient le trouver pour le prier de demander à sa place la main de la jeune fille qu'il aime. Peu gâté par la nature, Mino compte sur son ami pour obtenir ses faveurs.
Lors de la grande fête de Miragno, Mathias se rapproche de Romilde malgré la mère de celle-ci, une femme replète acariâtre qui souhaite un beau parti pour sa fille. 
Romilde est secrètement amoureuse de Mathias et se méprend sur le "jeune homme trop timide pour se déclarer". Toutefois Mathias finit par comprendre que la belle est amoureuse de lui tandis que le pauvre Mino essaie de faire diversion en occupant la mégère qui cherche sa fille partout.
Mathias épouse Romilde mais très vite la vie familiale devient un enfer. Sa belle-mère se mêle de tout et le considère comme un propre à rien, sa femme est faible et n'oppose aucune résistance à sa mère. Seuls l'amour qu'il porte à sa maman et l'espoir d'être bientôt père le retiennent de quitter le village.
Bientôt Mathias est père d'une petite fille qu'il adore. Un jour alors qu'il la promène, sa tante Scholastique annonce à la maison que la vieille madame Pascal est au plus mal et qu'elle souhaite voir sa petite fille. Las, la belle mère acariâtre consent à ce que, peut-être, la petite-fille soit amenée le lendemain à sa grand-mère. Furieuse la tante Scholastique bombarde de pâte à pain la vieille femme sous les yeux de Romilde qui ne sait que faire.
Mathias ne sait pas que sa mère est mourante; lorsqu'il l'apprend il court à son chevet et tente de lui apporter sa petite-fille une dernière fois. Or durant ce temps la petite est au plus mal et se meurt.
Mathias amène son petit corps dans les bras de sa mère qui est décédée entre temps.

Plus tard, lorsqu'il découvre l'affreux Maldagna chez lui, c'en est trop. Mathias décide de tout quitter et prend un train qui l'emmène à Monte Carlo. Il découvre les salles de jeux et bientôt tente sa chance à la roulette. Bientôt il gagne un fortune. 
Dans le train qui le ramène à Miragno, il voit dans le journal un article qui annonce sa mort par suicide car son corps a été repêché.
Sur le point d'écrire un télégramme pour démentir l'information, Mathias pèse le pour et le contre mais, finalement désireux de recommencer sa vie en toute liberté, il se rend alors à Rome, la ville éternelle.

A la gare il aperçoit une belle jeune femme qui fait ses adieux à une vieille dame. Mathias se met à la suivre mais bientôt il perd sa trace. Plus tard il a l'intention de prendre une chambre à l’hôtel Excelsior mais fuit par la fenêtre des lavabos lorsqu'il faut enregistrer son nom et son adresse. Du coup il retrouve la jeune femme qui semble disparaître dans un immeuble. A l'étage un panneau annonce "chambres à louer" ...


L'attrait de la liberté est le moteur du héros, mais comment être libre sans identité ?

J'ai aimé ce film poétique, doux et amer, drôle et tragique à la fois. Un peu long soit, mais empli de belles images qui font rêver, ramènent à vous-mêmes ou à des proches, ou tout bonnement reflètent des pans de vies humaines en ouvrant la voie de la réflexion.

Le héros ne suit pas une ligne de conduite mais plutôt une voie tracée par une somme de hasards qui le ballotent de ci de là, comme la vie nous emmène souvent, et non selon un schéma déjà établi, ce qui fait qu'on ne sait jamais comment l'histoire va se poursuivre. Par exemple c'est le fait que Mino le prie de demander la main de Romilde qui ouvre la voie du mariage, ou ce sont les femmes avides de fortune du casino qui empêchent Mathias de quitter la roulette et qui vont lui permettre de gagner plus encore. Le film est donc quelque part l’apologie du hasard et par conséquent aussi celle de la vie.
La scène de la fête du village reflète d'ailleurs bien la vie qui vibre au travers d'une foule d'anonymes qui dansent la farandole dans une symphonie d'ombres et de lumières.

Les scènes comiques suivent les scènes tragiques sans réelle transition. La scène de la bibliothèque n'apporte peut-être pas grand-chose au film mais est extraordinaire par son décors improbable, sa poussière et son immobilisme contrés par Mathias, les rats et les chats. 

Ivan Mozzhukhin c'est l'acteur dans toute sa splendeur. Il incarne l'innocence enfantine d'un Pierrot lunaire avec une part de force sombre et de mystère, une séduction et un attrait indéniable enrobés d'une distinction certaine. Qui dit mieux ? Bref, un être intrigant, voire déroutant, que l'on suit avec fascination.

Lorsqu'il rencontre la belle et douce Lois Moran sa vie semble se stabiliser. Mais que nenni, bientôt surgit l'affreux archéologue Terence qui compte bien s'emparer du cœur de la belle (et du porte-monnaie du beau en passant). 

Les scènes s'enchainent alors, le rêve éveillé avec un Mathias mort et un Mathias vivant, Mathias observant Terence à travers les persiennes, le frère de celui-ci l'espionnant, la scène de spiritisme qui vaut le détour à elle toute seule (les doigts qui se touchent est particulièrement belle dans sa retenue). 
La dualité, le choix devant les options, les décors et les cadrages sont parfaits, l’œuvre finale est unique en son genre. Le personnage central reste fidèle à lui-même malgré tout, c'est l'éloge de la pureté et de l'innocence de l'âme.

Lois Moran a semble-t-il inspiré à F. Scott Fitzgerald le personnage de "Rosemary" dans son roman Tendre est la nuit

Le film est une magnifique balade dans le temps. On y voit un jeune Michel Simon (excellent dans ce rôle de jeune chiot échevelé un peu pataud et maladroit) et Pauline Carton, il nous mène en train à Monte Carlo et à Rome.

On trouve ce film dans une très belle version chez Flicker Alley.

Titres :
The Late Mathias Pascal et The Living Dead Man


D'après l’œuvre Il fu Mattia Pascal, un livre écrit par Luigi Pirandello publié en 1904.

170 minutes

partiellement teinté

Ivan Mozzhukhin ...
Mathias Pascal (as Ivan Mosjoukine)
Marcelle Pradot ...
Romilde Pascal
Lois Moran ...
Adrienne Paleari
Marthe Mellot ...
Mme Pascal, la mère de Mathias
Pauline Carton ...
Tante Scholastique
Irma Perrot ...
Sylvia Caporale
Barsac ...
Veuve Pescatore (as M. Barsac)
Michel Simon ...
Jérôme Pomino
Isaure Douvan ...
Batta Maldagna
Pierre Batcheff ...
Scipion
Georges Térof ...
L'amoureux du 12, un joueur
Philippe Hériat ...
L'aide assesseur
Jean Hervé ...
Chev Terence Papiano
Solange Sicard ...
Olive Mesmi





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