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mercredi 23 septembre 2015

Kean (Désordre et Génie) - Alexandre Volkoff - 1924



Basé sur une pièce de théâtre en cinq actes et six tableaux d'Alexandre Dumas créée le 31 août 1836 au théâtre des Variétés avec Frédérick Lemaître dans le rôle-titre, Kean est inspiré par la vie du comédien britannique Edmund Kean (1787-1833). Une version révisée a été réalisée par Jean-Paul Sartre en 1953.

D'abord mousse puis simple acteur ambulant, Kean s'éleva au rang le plus illustre des comédiens du Royaume-Uni. Magnifique interprète shakespearien, il est considéré comme l'un des plus grands artistes de tous les temps. En 1830, alors au sommet de sa gloire il était l'idole du public qui lui pardonnait ses excentricités à cause de son talent.
Le théâtre de Drury-Lane était rempli jusqu'aux dernières stalles des galeries chaque fois que son nom figurait sur une affiche.
Ce soir là ne faisait pas exception, de nombreuses personnalités se trouvaient dans leurs boxes particuliers. Le Prince de Galles, l'Ambassadeur du Danemark, le Comte de Koefeld et sa délicieuse femme vénitienne, Elena sont là. Non loin de leur loge se trouve la jeune Anna Danby et son tuteur. La pauvre fille est convoitée par Lord Mewill qui compte demander sa main prochainement.

Salomon, le souffleur est pour Kean le plus dévoué des amis et se tient prêt à souffler ses répliques à l'acteur en cas de besoin. Au théâtre ce soir, Romeo et Juliette. Alors sous le balcon de Juliette, le regard d'Edmund est captivé par la belle Elena assise dans une loge non loin, et la jeune femme ne semble pas insensible à son charme et lui retourne ses regards. Après le dernier acte, Kean salue les spectateurs et adresse un salut à Elena qui acquiesce d'un mouvement de tête.
Après la représentation, le Prince de Galles félicite Kean qui a bien de la peine à se concentrer tant il garde l'image de la belle italienne profondément enfouie dans son cœur. Toutefois leur différence sociale se dresse comme un obstacle insurmontable à ses yeux.

Un jour plus tard, des créanciers sonnent à la porte de Kean. Salomon et Edmund se déguisent et réussissent à leur échapper après leur avoir fait croire qu'un tigre se trouve dans leur maison.
Au parc Monceau Elena et le Prince de Galles font un tour à cheval.  Elena ne reconnait pas Kean dans son costume de marin. Lorsque le Prince lui dévoile son identité et elle revient sur ses pas pour lui demander "Pourquoi ce déguisement", ce à quoi il répond "pour m'évader de moi-même, Madame". Elle sourit, et adresse quelques mots au Prince avant de s'en aller. Devant le regard interrogateur de Kean, le Prince lui rapporte que la Comtesse le trouve beaucoup mieux en Roméo.

A la taverne le "Trou à Charbon", Kean toujours déguisé en marin noie son chagrin et passe la nuit à danser et à boire.
Au petit matin des saltimbanques donnent une représentation non loin du pub qui s'éveille. Kean reconnait de vieux amis avec lesquels il a jadis travaillé. Malheureusement le vieux Bob rate une marche en voulant venir saluer son vieil ami. Assommé il se trouve au sol et un attroupement se forme autour de lui. Une calèche tente de forcer la route et Kean reconnait à son bord la Comtesse qui s'agenouille à ses cotés avant de lui donner son châle afin qu'il puisse panser la tête du vieux Bob. Transporté par la joie, Kean promet alors de jouer quelques jours plus tard Hamlet au bénéfice du blessé.

De son côté Anna Danby ne veut pas épouser l'affreux Lord Mewill et celui-ci en est très offusqué. Il suit la jeune femme qui se rend chez Kean car elle souhaite embrasser la carrière d'actrice et voudrait quelques conseils. Lord Mewill, scandalisé de voir une jeune femme se rendre sans chaperon chez un acteur qui plus est, distille sa vengeance et propage des bruits sulfureux au thé donné par la Comtesse ...


Je m'arrête ici, à peu près au milieu du film, pour ménager la suite qui est encore bien longue.

Le début est un peu long à se mettre en place, Roméo et Juliette n'en finit pas. Ensuite il y a encore quelques longueurs, telle la scène au Trou à charbon, pourtant essentielle à la compréhension de l'homme, qui nous montre Kean danser et boire peut-être un peu trop longtemps.
Le personnage est tellement entier que les scènes de théâtre se mélangent à celles de la vie. L'homme mourra comme un acteur, mais l'acteur mourra comme un homme à la fin.
Les images sont superbes.

Ce film terriblement romantique (je n'ai pas pu m'empêcher de penser au "Joueur" de Dostoïevski) repose beaucoup sur Ivan Mosjoukine qui reste fascinant du début à la fin. Nathalie Lissenko dans le rôle de la Comtesse Elena est très ambiguë. On n'arrive pas à cerner si elle aime Kean ou bien si elle se joue de son amour. La fin tendrait à prouver qu'elle éprouvait pour lui quelques sentiments.
Il faut un moment au spectateur pour comprendre quel amour immense et dévastateur habite Kean. Du coup son personnage devient terriblement attachant. (Je crois que j'en pince sérieusement pour cet acteur !)
Nicolas Koline est excellent dans le rôle de Salomon. Il apporte beaucoup au film, de l'humour mais aussi de l'émotion.

Une scène bouleversante qui dure environ deux minutes, Nicolas Koline ouvre la scène avec son regard soudain sérieux : Après avoir offert les fleurs à Elena, Salomon revient auprès de Kean et, après quelques hésitations, lui relate le moment. Le visage de Ivan Mosjoukine reflète avec une grande sobriété mais avec une finesse remarquable les émotions qui le traversent. J'en suis encore toute retournée. 

Le moment clé du film se passe lors de la représentation d'Hamlet. Soudain captivé par la Comtesse Elena, Kean perd tous ses moyens, sa jalousie explose en voyant la femme qu'il aime de toute son âme rire et parler à son mari durant la représentation. Le silence dans sa tête devient alors presque criant, les oreilles bourdonnent et les battements de cœur cessent. Je me suis retrouvée dans sa peau pendant quelques secondes.
 
Même si le film est un peu trop long, l'histoire est belle et touchant car Ivan Molsjoukine incarne avec panache un homme passionné et sincère capable de l'amour le plus grand. Difficile de rester insensible face à ses tourments. Peu d'humains sont doués d'un tel don, je parle de l'amour qui dévore et brûle, celui qui peut vous tuer s'il n'est pas partagé.

 La scène de la mort de Kean est considérée à juste titre comme l'une des plus longues (sinon la plus longue ?) mort filmée du cinéma. En effet, elle n'en finit pas et dure près de 20 minutes !

Musique (morceaux célèbres) composée et adaptée par Robert Israel. Magnifique édition chez Flicker Allee.

136 minutes


Ivan Mozzhukhin ...
Edmund Kean (as Ivan Mosjoukine)
Nathalie Lissenko ...
La comtesse Elena de Koefeld
Pauline Po ...
Ophélie / Juliette
Otto Detlefsen ...
Prince of Wales
Mary Odette ...
Anna Danby
Kenelm Foss ...
Lord Mewill
Nicolas Koline ...
Solomon - le souffleur
Georges Deneubourg ...
Comte de Koefeld (as G. Deneubourg)
Albert Bras ...
Le constable


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